Skip to content

Femmes et dépendance : la triple peine ?

23 juin 2011

Le Laboratoire de l’Égalité, dont l’objectif est d’obtenir la mise en œuvre effective de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, souligne que les femmes sont plus concernées que les hommes par les projets de réformes visant à maîtriser les coûts de la dépendance.

Pour trois raisons :

— la vulnérabilité des femmes face au grand âge est supérieure à celle des hommes compte tenu d’une espérance de vie plus élevée qui les rend plus exposées à la perte d’autonomie, de leur pauvreté (57 % des bénéficiaires du minimum vieillesse sont des femmes) et de leur isolement (55 % des bénéficiaires de l’APA, Allocation personnalisée pour l’autonomie, sont des femmes seules, et 75 % des résidents en maison de retraite sont des femmes) ;

 

— les femmes sont plus souvent aidantes familiales et informelles de personnes dépendantes que les hommes : en dehors des situations de couple où les hommes aident aussi leurs épouses ou compagnes dépendantes, elles sont trois fois plus nombreuses à apporter du soutien à des proches en perte d’autonomie ;

— les femmes sont surreprésentées dans les métiers de l’aide à domicile (515 000 intervenantes à domicile auprès de personnes fragiles et à 98 % des femmes), alors que ces métiers n’offrent pas de perspectives de carrière et sont considérés comme peu qualifiés malgré les compétences à déployer en termes d’organisation, d’adaptation, de vigilance et de soutien psycho-social.

Le Laboratoire de l’égalité demande donc que tout projet de réforme soit précédé d’une étude par genre des conséquences prévisibles.

Le Laboratoire prend fermement position sur les points suivants :

le développement et la consolidation d’un système public de soutien à l’autonomie, financé de manière socialisée, de type cinquième branche de sécurité sociale, sans récupération sur héritage ni recours à l’assurance privée, qui permette aux personnes âgées aux revenus modestes (les femmes au premier chef) de vieillir à domicile dans des conditions décentes et, quand c’est indispensable, de pouvoir assumer les coûts d’une maison de retraite de qualité ;

l’instauration de facilités d’aménagement ou de réduction du temps de travail, de type crédit-temps (souplesse, durée des facilités), indemnisées en proportion des salaires perdus, pour alléger la charge des actifs qui apportent leur soutien à leurs parents ou proches dépendants, faciliter l’engagement des hommes comme des femmes et leur permettre de poursuivre leur vie professionnelle ;

 

l’amélioration des conditions d’emploi et la revalorisation des salaires des aides à domicile, l’accès de toutes à la formation qualifiante, et l’ouverture de possibilités de carrière dans le cadre d’un système public de prise en charge de la dépendance par le rapprochement des différents secteurs du soutien à la perte d’autonomie (aide à domicile sous statut prestataire, mandataire, emploi direct et établissements accueillant des personnes âgées dépendantes) ;

l’accès au titre de séjour permanent européen (carte bleue) pour les femmes immigrées assurant un emploi d’aide à domicile, comme peuvent en obtenir les travailleurs très qualifiés de l’informatique par exemple.

Advertisements
No comments yet

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :